Interview

David Douglas : “Nous avons besoin d’aimer ce qui se trouve autour de nous”

David Douglas nous avait séduits en 2014 avec son premier album Moon Observations. Le producteur néerlandais récidive en sortant aujourd’hui son deuxième album Spectators Of The Universe sur Atomnation.

Pour donner naissance à ce nouvel album, David Douglas s’est enfermé quelques mois dans son studio. Son idée n’était plus d’explorer la lune mais de créer une bande-son pour l’univers, un programme ambitieux. Sur Spectators Of The Universe, David Douglas continue à mêler son amour pour la nature à la musique électronique. Inspiré par les œuvres astrologiques et par son homonyme du 18e siècle qui était explorateur et naturaliste, David Douglas version contemporaine s’évertue à pérenniser ce mode de pensée. En résulte un album au son interstellaire qui a pour objectif de nous rappeler la beauté de l’univers. Musicalement, cela se traduit par pour un voyage technicolor avec une alternance de sons psychédéliques et électroniques, des vagues de textures organiques en parallèle à de vastes paysages. Avec Spectators Of The Universe, David Douglas continue de repousser les limites de son propre univers musical pour notre plus grand bonheur.

Nous avons profité de son récent passage par la capitale parisienne à la Maroquinerie en première partie de Weval pour lui demander comment devenir le meilleur spectateur de l’univers.

 

Comment est né Spectators Of The Universe?

J’ai juste pris le temps pour le faire. Je compose et j’écris plein de démos. Quand j’ai le temps, ce que j’adore faire c’est fermer la porte derrière moi et essayer de composer quelque chose. Pour cet album, j’ai pris sept mois pour me concentrer dessus et revenir sur mes démos. C’est comme ça que je travaille.

 

Tu travailles seul en studio?

Oui je travaille toujours seul. Sur le morceau Last Day On Earth il s’agit d’un ami qui a écrit les paroles et qui chante.

 

David Douglas par Rein Kooyman

 

A quoi ressemble ton studio?

Avant l’enregistrement de cet album, j’ai déménagé. J’ai maintenant mon propre studio où je peux travailler totalement librement et dès que je veux parce que je n’ai plus de voisins. C’est un réel soulagement pour moi. J’ai tout un mur de synthés analogiques, au milieu mon ordinateur et de l’autre côté un genre de tour avec mes delays. Comme le Roland Space Echo où tu as une bande magnétique à l’intérieur et plein de possibilités musicales.

 

Quel est ton synthé préféré?

L’un des premiers synthés que j’ai acheté, le Juno 106. C’est toujours mon son favori.

 

Tu viens du monde du cinéma, comment en es-tu arrivé à faire de la musique?

J’ai créé toute ma vie, des vidéos et de la musique. J’ai commencé la batterie à l’âge de 8 ans et à 14 ans j’ai découvert la caméra. J’ai commencé à tourner mes propres films et aussi à faire des logos et d’autres créations. A côté de cela j’aime vraiment pouvoir expérimenter les sons d’un morceau et j’ai toujours joué dans des groupes.

La musique et le cinéma ont toujours été deux moyens de m’exprimer.

 

J’ai acheté mon premier synthé à l’âge de 23 ans et c’est à partir de ce moment-là que j’ai découvert comment faire de la musique électronique avec des synthés.

 

C’est avec ce synthé que tu as découvert l’univers musique électronique?

C’était un peu plus tôt, vers mes 17 ans. Tout était nouveau et personnellement j’écoutais Kid A de Radiohead en boucle. J’ai découvert Boards of Canada grâce à une émission de télévision. Durant ces années-là, j’ai l’impression qu’il se passait quelque chose de nouveau dans le monde musical. Il y avait aussi d’autres groupes comme Air. Un peu plus tard, lorsque j’ai acheté mon premier synthé, je voulais faire de la musique mais je savais que je ne pourrais pas tout faire seul. C’est à partir de ce moment que j’ai commencé à acheter des synthés et à découvrir la musique que je voulais faire.

 

Quels sont les liens entre la musique et le cinéma selon toi?

Quand c’est bien utilisé, ça peut faire un très beau mariage. J’aime toujours les films, spécialement lorsque la musique est composée pour.

 

Quels sont les échos aux Pays-Bas de la musique électronique française?

Alors, Serge Gainsbourg dans les premiers temps. Plus récemment, disons Air et Vitalic. En ce moment j’écoute Joakim, c’est un musicien très original.

 

David Douglas par Rein Kooyman

 

Tu te considères comme un romantique?

J’aime beaucoup leur mode de pensée et l’idée du romantisme. Aujourd’hui, je pense qu’on est trop loin de ce mode de pensée. Ça nous ramène au titre de mon album Spectators Of The Universe.
Nous sommes les spectateurs de ce monde. Nous avons besoin d’aimer ce qui se trouve autour de nous et profiter de la nature. Aujourd’hui beaucoup de gens pensent que nous sommes au centre du monde mais je n’y crois pas.

 

Il faut regarder notre belle Terre et la nature plutôt que se concentrer sur les religions et imaginer que nous sommes au centre de la création.

 

Je ne pense pas que la Terre ait été créé pour nous. Ce n’est pas que je veux que cet album ait une signification particulière mais c’est effectivement tout le sujet derrière son titre.

 

Tu ne penses pas qu’on devrait être acteur aussi?

 

Si absolument. Je pense que si nous regardons tous au même moment les étoiles et que nous voyons la beauté de l’univers, alors nous serons plus conscients de ce qui nous entoure. On pourrait faire quelque chose. C’est le sens de Spectators Of The Universe.

 

 

Spectators Of The Universe de David Douglas est disponible aujourd’hui sur toutes les plate-formes : ici

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