Interview

LAAKE : « Je ne m’impose aucune barrière »

Récemment mis en lumière par le FGO Barbara, LAAKE est à la fois musicien, producteur, graphiste et vidéaste. Originaire de Poitiers, il confond ses influences multiples dans un premier EP nommé « 69 » et dans ses deux morceaux « Swell » et « FAAKE » sortis sur Tølva Records en 2016.

Nous rappelant Rone ou encore Aufgang pour la place importante laissée au piano dans ses compositions, LAAKE nous montre qu’il dispose de plusieurs cordes à son arc et c’est tant mieux pour nos oreilles. Nous l’avons rencontré en pleine préparation de son live au Petit Bain en première partie de Tallisker qui aura lieu le 10 février prochain.

 

Photo : Raphael Perdrisot

Blank Title : Quel a été ton parcours musical avant LAAKE ?

LAAKE : J’ai commencé le piano à l’école primaire. J’ai arrêté parce que le solfège m’ennuyait. J’ai repris seul au collège et je n’ai plus jamais arrêté depuis. Ensuite, je me suis mis à la guitare et j’ai monté un groupe de rock au lycée. Avant les débuts de LAAKE j’ai joué dans plusieurs groupes et ai commencé quelques projets solo. LAAKE est le troisième. À côté de ça je joue aussi dans un groupe de rock progressif qui s’appelle Spinal. Je ne suis jamais allé au conservatoire. J’ai appris en improvisant tous les jours pendant des années, j’y ai passé beaucoup de temps.

 

Que représente le piano pour toi?

C’est l’instrument que je préfère et avec lequel je suis le plus à l’aise, qui fait ressortir le plus d’émotions chez-moi. C’est ma base.

 

Comment perçois-tu ta musique?

Question difficile. J’ai déjà beaucoup d’influences et j’écoute pas mal de styles différents, du jazz à la musique du monde en passant par le métal, mais je qualifierais ma musique comme de l’electronica avec du piano et des voix. J’ai l’impression qu’il n’y a pas forcément de case pour ce genre, il faudrait l’inventer!

 

Selon toi, y a-t-il un dosage particulier à respecter entre musique classique et électronique?

Je ne me pose pas trop de questions quand je compose, c’est de l’improvisation où je pars toujours de 0 sur mon piano. Parfois j’épure un peu si je trouve qu’il y a trop de notes mais je ne m’impose aucune barrière sur la composition.

 

Entre le nom de ton projet « LAAKE » et les différentes allusions à l’eau sur tes chansons, as-tu un rapport particulier avec cet élément?

Il y a le côté organique de l’eau que l’on retrouve forcément dans ma musique. C’est aussi assez inspirant d’un point de vue graphique pour mes clips. J’aime bien jouer avec les textures au montage par exemple. Il y a aussi un côté mystérieux qui me correspond plutôt bien musicalement.

 

Musicien, réalisateur, monteur, un art que tu nous cache?

Je suis graphiste aussi, je me suis occupé des pochettes de LAAKE et je travaille en free-lance.

 

Dans « FAAKE » tu sembles dénoncer un mode de vie conditionné et superficiel, c’est ce que t’évoque notre actualité?

Il n’y a pas de message politique dans ma musique. C’est plutôt de la mise en scène, le chant sur cette chanson est très superficiel. C’est un morceau très dur, plutôt agressif. Peut-être que je dénonce d’une certaine manière mais je m’inclus dedans en tout cas. Le clip est parfois même humoristique car je ne me bats pas spécialement contre ça, je ne revendique rien.

 

 

Quels sont tes projets à venir pour 2017?

J’ai un second EP sur lequel je travaille depuis assez longtemps, je cherche des financements pour le produire. Je prépare un concert acoustique avec un piano à queue à l’occasion du Piano Day, c’est un événement créé par Nils Frahm le 88ème jour de l’année qui correspond aux 88 touches du piano. Le lieu est encore en pour-parler, ce sera normalement dans un superbe bâtiment ancien. J’aimerais sortir un nouveau morceau ou un EP plus axé sur le piano pour marquer l’événement. Je prépare aussi une petite tournée à l’étranger (Berlin, Londres, Amsterdam, Bruxelles) et en province.

 

Peux-tu m’en dire plus sur ton concert au Petit Bain prévu le 10 février?

Je joue en première partie de Tallisker. Elle est très douée, elle est seule sur scène avec un violoncelle, des machines, guitare et voix. Elle a fait les premières parties d’Emilie Simon, Woodkid ou encore Benjamin Clementine. Elle vient de sortir son deuxième EP Heliotrop. Pour ce concert je bosse actuellement sur un dispositif avec des LEDs que je pourrais contrôler depuis mon ordinateur, il faudra venir voir ça!

 

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