Interview

Slove, touchés en plein cœur

S’ils sortent seulement leur deuxième album intitulé Le Touch en dix ans d’existance, c’est que les membres qui forment le duo electro-pop Slove sont pour le moins occupés. D’un côté, le Breton Julien Barthe que l’on connaît notamment pour son projet Plaisir De France depuis 1999 et pour After L’Amour. De l’autre, le Suédois Leo Hellden, membre de Tristesse Contemporaine et Camp Claude, qui a fait ses preuves en tant que guitariste auprès de Jay-Jay Johanson. En se rencontrant dans les mêmes studios de répétition à Bagnolet en 2005, les deux musiciens se sont rapidement trouvés des influences communes (Stones Roses, Slowdive, My Bloody Valentine…) et ont décidé de débuter un nouveau projet éclairé : Slove.

Pour donner suite à Le Danse sorti en 2011, le binôme propose une compilation de collaborations entraînantes et léchées. Avec autant de styles revisités que de featurings, passant de la pop excentrique avec Sarah Rebecca (que vous avez déjà entendu sur “Diamond Veins” de French 79) sur “Always On The Outside” – non sans rappeler quelques effets de production de Mirwais lorsqu’il travaillait sur l’album Music de Madonna -, du rock barré avec Rocket Mike sur le chaleureux “I’ve Got A Thing For You” et Alex Rossi sur le fringuant “Quale Follia” jusqu’à l’électro-pop romantique et sensuelle avec Maud Geffray (Scratch Massive) sur “Ce Soir Je M’en Vais”, l’album jouit d’une richesse de genres qui n’a rien à envier à son prédécesseur. Moins taillés pour le dancefloor mais toujours efficaces, les morceaux à l’atmosphère plus intime et mélancolique en présence de John and The Volta ou encore les deux compositions instrumentales, “Chevalier Troublant” et “Double Check”.

Avec Le Touch, Slove confirme un savoir-faire authentique qui mêle évocations rétros et gimmicks aussi contemporains qu’obsédants. On a rencontré le duo afin de leur poser quelques questions sur cet album définitivement parfait pour accompagner les beaux jours à venir.
 

Le Bombardier : A partir de quel moment avez-vous décidé de former Slove ?

Leo Hellden : Lorsqu’on s’est rencontrés, quand Julien avait son projet Sweet Life et moi Aswefall et Julien avait trouvé un studio pour qu’on puisse répéter avec mon groupe pour finir notre deuxième album qui était juste à côté du sien. Du coup on se croisait assez souvent.

Julien Barthe : On était dans les mêmes studios et on a décidé de travailler ensemble. On avait des goûts en commun.
 

Comment travaillez-vous ?

Leo : Au départ on avait envie de faire de la noise inspirée de My Bloody Valentine et de ce genre de groupes. Je suis à la base guitariste et Julien aussi.

Julien : Je commençais à jouer ce genre de parties au synthé, tout en écoutant de la musique électronique actuelle. Ça a pris une autre direction, c’est pour ça qu’on s’entend bien.

Leo : On n’avait pas pensé à ce résultat mais on aime bien !
 

En regardant votre historique on voit qu’il y a six ans entre la création de votre groupe et votre premier album (2011), maintenant sept ans pour votre deuxième album : pourquoi ?

Leo : Je pense qu’il y a plusieurs raisons mais la principale c’est que le temps passe assez vite.

Julien : Puis les projets qu’on a à côté.

Leo : On en a beaucoup en parallèle. On a toujours eu l’ambition de continuer mais ça a juste pris du temps. On bosse plus ou moins en permanence dessus.

Julien : On a sorti d’autres albums à côté, moi avec Plaisir De France et Leo avec Tristesse Contemporaine et Camp Claude.

Leo : Il y a toujours des urgences qui prennent le devant. Dans le processus de l’album il faut être bien présent et posé.

Julien : Là, on a pris un an et demi pour vraiment s’y coller.
 


 

Comment vous travaillez avec les chanteurs qui participent à votre album? Vous les faites venir, ils enregistrent dans leur propre studio ?

Julien : C’est un peu des deux. On fait la musique tous les deux avec Leo et on l’envoie aux chanteurs. Les 3/4 s’enregistrent tout seuls.

Leo : Ça correspond plus à un aspect logistique. Eux ils réfléchissent de leur côté et s’ils ont le matériel ils enregistrent chez eux, sinon ils viennent dans notre studio. Il y en a beaucoup qui préfèrent s’enregistrer seuls.

Julien : Ils sont plus autonomes et ont plus d’intimité.

Leo : Parfois il y en a d’autres plus excentriques, plus à l’aise qui aiment bien qu’on les regarde comme Rossi. Chacun son caractère. Pour nous les deux nous vont bien.

Julien : Tant que le résultat est là !
 

Au niveau du choix des chanteurs, ça se fait comment ?

Leo : Ce sont des rencontres. Tous les gens qui chantent sur l’album sont des personnes qu’on aime et avec qui on voulait travailler. Slove est devenu un bon projet pour réunir tout ce monde.
 

Comment vous organisez-vous pour les concerts ?

Leo : C’est un peu compliqué, on ne peut pas le dire autrement. C’est difficile de faire venir tout le monde.

Julien : Il y a cinq chanteurs donc on ne peut pas être synchros tout le temps.
 

Plutôt DJ sets alors ?

Julien : Oui, avec chanteurs !

Leo : On invite ceux qui sont dispos histoire d’avoir un ou deux chanteurs à chaque concert. Si on en a trop, ça devient vite bordélique.

Julien : Deux, c’est bien !
 

Donc pas d’instruments sur scène ?

Julien : On l’a fait pour le premier album. Pour le moment on ne le fait pas mais on va peut-être le faire. On sortira peut-être des synthés.

Leo : Ça évolue en fonction. On laisse le chemin se faire.
 

D’ailleurs vous êtes plutôt analogique ou numérique pour composer ?

Julien : Autant analogique que numérique.
 

Je n’ai pas forcément su dire au fil des morceaux que j’écoutais.

Julien : Ah il y a des puristes !

Leo :

On est assez pragmatiques, on aime bien une petite touche analogique pour obtenir un côté plus chaleureux et mélanger les deux, même si à la base on fonctionne davantage avec des plugins.

Julien : Pas de limites, pas de frontières techniques.

Leo : Ça dépend surtout des sonorités qu’on cherche.

Un petit tour sur vos influences. Vous écoutez plutôt des anciens disques ou vous suivez les nouveautés musicales?

Julien : Vu que je suis DJ je cherche des nouveautés toutes les semaines. Mais on aime aussi le old-school. En ce moment on aime beaucoup Dombrance et nos potes de DBFC.

Leo : Moi je suis resté sur Errorsmith avec le dernier album un peu conceptuel, j’aime beaucoup leurs sonorités. Ils ont une approche moderne que je trouve intéressante.

Julien : J’aime le label Kompact. J’ai toujours adoré.
 

Y a-t-il eu un morceau plus compliqué qu’un autre à finir sur cet album ?

Julien : Oh la question piège ! Ça a été assez fluide sur celui-la mais c’est toujours plus facile de commencer que de finir. Un grand classique.
 

Vous avez un morceau préféré ?

Leo : Je pense que tous les morceaux sont devenus nos préférés lorsqu’on les enregistrait. Donc en toute logique les deux derniers morceaux qu’on a enregistrés sont ceux de Maud Geffray et John and The Volta.

C’est un album sur lequel nous n’avons eu que des coups de cœur.

 

Un instrument préféré?

Julien : Je me suis bien amusé avec les synthés virtuels, les plugins Reactor qui font un espèce de faux modulaire.

Les puristes crieront que c’est de la merde mais je trouve ça super. C’est avec ça que j’ai composé le morceau de Maud Geffray. C’est pas mal expérimental et ça gratte bien le dos.

 

Des projets pour la suite?

Julien : On va faire des remixes, faire des dates. En même temps on a nos autres projets. Je prépare des nouveaux titres avec d’autres chanteurs. Leo pareil avec Camp Claude.

Leo : On est en train de finir le deuxième album aussi qui sortira j’espère à la rentrée.

Julien : On réfléchit à un autre album déjà. Vu qu’on est dans l’action. On n’arrête jamais et notre agenda se remplit bien.
 


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Le Touch de Slove est disponible via Pschent Music.