Dans le radar #50 : I Love My Neighbours
Dans le radar

Dans le radar #50 : I Love My Neighbours

Photo : Valentin Ottone

Notre boîte mail est pleine à craquer de projets qui ne demandent qu’à être découverts. Voici “Dans le radar”, la rubrique où l’on demande aux musiciens de se présenter à partir de questions simples. Aujourd’hui, c’est au tour de Jérémy d’I Love My Neighbours de répondre au questionnaire du Bombardier.
 

On s’appelle I Love My Neighbours parce que…

Quand on a commencé on répétait dans le salon de mon père à Limeil Brévannes. Et évidemment ça n’avait rien d’un studio et en plus on jouait franchement comme des pieds. Et tard. Bref on était franchement des branleurs. A l’époque le line-up était un peu différent. Il y a fait Alexis, Anaïs et moi et un soir vraiment tard on a vu un voisin arriver et franchement il avait la rage. Aujourd’hui ça me viendrait même pas à l’idée, mais on était dans une espèce de rébellion stérile et on s’est dit que “The Fucking Neighbours” c’était marrant. Alors qu’entre nous, avec le recul, c’est un peu pourri. Au fil du temps, le line-up a changé et surtout on commençait a prendre un tournant un peu différent et on a décidé de changer de nom pour tout l’inverse. I Love My Neighbours est né et même s’il y avait encore une touche d’ironie la dedans, je pense que dans le fond on était quand même beaucoup plus à l’aise avec ce que véhicule ce nom. Une belle déclaration de fraternité. Et franchement, désolé les voisins, j’avoue on a déconné… 🙂
 

Notre premier album est…

Super bien!

C’est un album qui nous a pris un temps fou juste pour imaginer qu’on pouvait faire un album. Et puis après tout ce temps passé à jouer ensemble on s’est dit “Merde c’est quand même con de rien laisser derrière nous”. Parce que même si ça n’a pas pris la tournure qu’on espérait on a toujours rencontré des gens qui nous donnaient de la force. Et basiquement, regarder en arrière dans 10 ans et se dire qu’on avait rien fait, c’aurait été un crève cœur. Parce que c’est avant tout une aventure de potes. Donc on s’est dit “Go, on y va avec tout ce qu’on a envie d’y mettre”. Ça donne des titres assez différents et en même temps, il y a un fil conducteur. C’est vraiment l’assemblage de nos quatre personnalités, de nos envies du moment. Et aussi de collaborations avec des gens qu’on apprécie et qu’on admire. Au final, Anthology, ça sonnait pas mal par rapport à la démarche un peu patchwork, cet assemblage qui forme un bloc.
 

Si on devait choisir un seul morceau pour en parler ça serait…

Un seul morceau pour résumer l’album c’est dur. Mais je pense que “Horizon” c’est pas mal. On a un peu précipité la sortie de ce titre parce qu’on voulait absolument sortir un titre pour nos 10 ans… il y a 4 ans déjà… 🙂

C’est un titre qui parle de nos doutes concernant l’avenir. A la fois en temps que groupe, mais aussi en tant qu’individus. Il y avait l’arrivée d’enfants, des changements dans nos vies, un climat anxiogène et l’incertitude de pouvoir continuer dans cette voie-là.
Et là on sort l’album à un moment où des gens meurent, on a plus vraiment le droit de se toucher, de circuler, où on a l’impression qu’un modèle s’effondre et où les concerts sont clairement très secondaires. Je vous encourage à voir le clip, le sentiment du moment était assez clair je pense.
 


 

À notre prochain concert, il faut s’attendre à…

Très sincèrement je ne sais pas si on refera des concerts.
Si ça arrive, tant mieux. Mais ce n’est pas vraiment l’énergie du moment.
 

Notre souvenir le plus marquant en tant que musiciens…

Je pense que c’est la première fois où nous avons rejoué ensemble au Bus Palladium avec de nouveaux titres, presque un an après les attentats du Bataclan. Quand je revois les images de ce concert, je vois beaucoup d’émotion, un vrai plaisir d’être tous les quatre. On était sortis de scène en se prenant dans les bras sur “You’ll Never Walk Alone” : la bande avait complètement foiré, c’était absurde et en même temps c’était parfait. Tous les quatre en ligne, en se tenant par les épaules sous les applaudissements d’une salle bien remplie. Je retombe dessus je chiale direct.
 

Si on n’était pas musiciens, on serait…

Heureusement qu’on n’est pas juste musiciens sinon on serait dans la merde!
On a tous nos occupations à coté. Si on n’était pas musicien on serait toujours potes, c’est ça le plus important.
 

Notre disque de chevet, c’est…

Ça c’est vraiment la question pénible parce que du coup, j’envoie un mail groupé pour savoir ce qu’ils écoutent et toutes les réponses sont des énigmes :

Donc pour William ça serait un The Mars Volta, De-Loused in the Comatorium, à priori. Et Léo visiblement a l’air de se tourner vers du Springsteen. Je ne sais pas lequel, donc écoutez tout, ça peut pas faire de mal.
Moi j’avoue que je ne me lasse pas vraiment de la discographie de Queens Of The Stone Age, ça me suit depuis un moment.
Et Alexis, je vais pas lui poser la question, ça va être The Rapture,  Pieces Of The People We Love » parce que j’adore le voir danser là-dessus. Je l’ai jamais vu danser sur autre chose.
 

En ce moment, on écoute en boucle…

Pour Alexis, Tom Misch & Yussef Dayes – “What Kinda Music”.
Moi j’écoute à fond le dernier The Weeknd, After Hours, je suis fan, je l’avoue.
Les autres ont quitté la conversation parce que c’est l’heure de manger !
Ah William a terminé de manger… Donc il écoute “Buena Noche” d’Hatik. Il a kiffé Validé. Normal c’est écrit par un Cristolien !
 

Notre rêve ultime, c’est…

Sortir se prendre dans les bras. Je pense que tout le monde a envie de ça. Mais c’est pas pour demain.
Alors si en attendant certaines personnes se retrouvent dans nos chansons, que ça les aide à s’évader un peu, ou que ça provoque quelque chose de positif, ça sera déjà un petit bout de rêve pas dégueu. Parce qu’on a enregistré un album pour ça en fait.
 


 

Anthology est désormais disponible ici.