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Mireille se rappelle… le festival Terres Du Son 2018

2 Many Dj's © Fabien Garou

Du 6 au 8 juillet dernier, la quatorzième édition du festival Terres Du Son se tenait au Domaine de Candé à quelques kilomètres de Tours.

 

“Start the Engine” – Vendredi, jour 1 : 

 
Alors que quelques festivaliers attendent le départ de la navette de la gare de Tours pour rejoindre Monts, le match des quarts de finale France-Uruguay vient juste de débuter. Quelques personnes retiennent leur souffle scotchés devant leurs téléphones lors du trajet. À l’arrivée, les voitures défilent sur le parking et quelques tentes sont déjà installées. Les deux buts de l’équipe de France se traduisent en cris de joie venant de part et d’autres du domaine et se propagent jusqu’à la victoire. C’est bien cette chanson phare qui marquera ces trois jours : « On est en demi ! » .

Depuis le camping, il faut traverser un bosquet pour arriver sur le lieu du festival. Bracelet au poignet, carte cashless rechargée, il ne reste plus qu’à commander sa pinte pour commencer les festivités avec un Baxter Dury en forme sur la scène Biloba. De son côté, Juliette Armanet joue la « Star triste ». Avec une température dépassant les 30°C, on attend surtout l’arrivée de Faire sous le Chapit’Ô.  Il faut dire que le trio parvient rapidement à déchaîner la foule présente, le tout en passant respectivement plusieurs minutes sur “Marie-Louise” et “Mireille se rappelle”. On pensait devoir attendre longtemps aux stands de restauration pris d’assault mais il faut bien avouer quelque chose : sur les trois jours, on aura rarement attendu plus de deux minutes pour être servis, pour les boissons comme pour la nourriture.

Après avoir erré devant les vibes reggae de Chronixx, on se poste aux devants de la scène Ginkgo pour le set de 2 Many Dj’s qui transforment la Prairie en dancefloor géant en à peine quelques minutes avec une sélection particulièrement mainstream mais efficace. La soirée se finit avec un Joris Delacroix bien déterminé à faire danser les moins fatigués.

2 Many Dj’s © Fabien Garou
Joris Delacroix © Fabien Garou

 

“The Wheel of Fortune” – Samedi, jour 2 :

 
On commence la journée tranquillement avec un set vitaminé de L’Impératrice et en se demandant comment ses musiciens survivent avec ces combis bleues à manches longues. Juste après, c’est J.Bernardt, un rescapé du groupe belge Balthazar, qui remplit le Chapit’Ô et offre quelques morceaux inédits toujours dans sa mouvance pop/R’n’B.

The Limiñanas eux, tentent de propager leurs bonnes ondes mais on repart de ce concert quelque peu déçus, après tout le bien qu’on avait entendu de ce groupe. Inutile de dire qu’une bonne partie de la foule se retrouve devant Amadou & Mariam. Les « Comment ça vaaaaa? » d’Amadou resteront longtemps gravés dans nos esprits. C’est en tout cas bien assez pour chauffer le public qui assiste au concert de Lysistrata en mode rock’n’roll apocalyptique. On peut dire que ces trois-là ont de l’énergie à revendre. À la fin de ce concert sulfureux, on entend Roméo Elvis au loin. Il faut reconnaître que le rappeur belge a rassemblé pas mal de monde.

Django Django proposent un set énergique mais sans en faire trop. C’est parfait puisqu’on gardait un peu de force pour La Mverte qui se révèle être une véritable bête de scène et parvient à chauffer la foule à blanc. Il est rappelé à la fin de son set et on entend quelques personnes aux premiers rangs se demander « Mais c’est qui ce mec? Il est bon! » accompagné de la remarque « Il est bien mieux torse nu ! ». En se rendant sur la scène Ginkgo, on entend Lomepal et son public chanter en chœur “Yeux disent”.

Quelques minutes plus tard, Yuksek et Fatnotronic débarquent et envoient du lourd sans plus attendre avec “Bateu” qui met tout le monde directement en selle. Quelle n’est pas notre surprise lorsque son remix d’”Harmony” des Maestro retentit : si l’on se doute bien que peu parmi ceux qui dansent autour de nous connaissent les créateurs responsables de la version originale, entendre la voix de Mark Kerr résonner sur le domaine de Candé nous a procuré un joli moment d’émotion qu’on n’oubliera pas de sitôt.

La Mverte © Sandrine Potier
Lomepal © Yoan Hautbois
Yuksek & Fatnotronic © Fabien Garou

 

“L’ivresse” – Dimanche, jour 3 :

 
Le cerveau et le corps (quelque peu) grillés par la chaleur et (seulement) quelques pintes, on manque le rendez-vous avec les Villejuif Underground. Ce n’est que partie remise, promis. On se réconforte en écoutant Calypso Rose et en attendant patiemment les Vox Low à l’ombre du Chapit’Ô qui ne manquent pas de se faire remarquer avec un set maîtrisé et accrocheur. De “You Are A Slave” à “Something Is Wrong” en passant par “The Hunt”, on retient le large sourire du batteur et le sens de l’humour (cynique, vraiment?) du chanteur. Le bassiste, lui, reste droit dans ses bottes et on se dit qu’un jour, on prendra quelques minutes pour rencontrer cet homme à tout faire, à la fois aux synthés et à la guitare.

On n’a pas eu le temps de se reposer devant Her alors on s’en occupe devant les Feu ! Chatterton qui nous proposent un voyage à bord de L’Oiseleur qui se passe tout en douceur. Derrière, deux mecs s’interrogent pour savoir si le chanteur est belge. On se demande s’ils se posent la question par rapport à la Coupe du Monde ou par l’effet vibrato de sa voix façon Jacques Brel. Sur la scène Biloba, SUUNS nous marque finalement assez peu. On se contente d’assister au concert de Fakear les pieds dans l’herbe (enfin, ce qu’il en reste) pour conserver du carburant pour le live de Molécule. Et on a bien raison : après quelques minutes d’attente, le grand voyageur envoie un set corsé et joue fort. Très fort. Au devant de la scène, quelques bénévoles proposent des bouchons d’oreille mais le public en demande encore alors que Meute arrive sur la grande scène Ginkgo pour le concert de clôture. En fanfare, on fête un festival avec une belle et efficace programmation qui s’est passé sans le moindre faux-pas.

On repart le lundi matin comme on était venus, avec notre sac à dos et notre tente sous le bras, de jolis souvenirs en tête et du son encore plein les oreilles. Objectif réussi donc, pour cette quatorzième édition de Terres Du Son.

Vox Low © Corentin Voisard
Feu! Chatterton © Sherman
Molécule © Yoan Hautbois
Meute © Fabien Garou