Retiens la nuit

Retiens la nuit #2 : Temps Calme

D’en haut, ils appellent ce que nous vivons “une année noire pour la culture” : une année où depuis mars dernier, les concerts sont interdits et les regroupements synonymes de danger. Nombreux sont ceux – organisateurs, programmateurs, tourneurs, régisseurs, artistes – qui aujourd’hui cherchent à se réinventer pour pouvoir (ou du moins essayer) maintenir leur activité et créer une nouvelle forme de lien social, en dépit de nouvelles mesures sanitaires et gouvernementales.

Pour témoigner ensemble d’un temps qui n’est plus vraiment, où l’on pouvait sortir le soir, aller à des concerts, rencontrer des gens et bien d’autres choses encore, pour se rappeler des plaisirs que nous procurent ces événements, ces lieux, ces personnes, on a demandé à plusieurs artistes et différents acteurs du milieu musical de nous raconter leurs souvenirs de concerts. Les meilleurs comme les pires, vécus en tant que musiciens ou spectateurs, pour se remémorer l’importance primordiale de ces moments de vie culturelle et sociale. Comme un recueil où chacun pourra y laisser son mot dans l’attente et l’espoir qu’un jour proche, on puisse retrouver ce qui nous anime le plus.

Aujourd’hui, c’est au tour de Temps Calme, trio pop psychédélique et “superband” à la lilloise composé d’Olivier Desmulliez (Ed Wood Jr., L’Objet), de Samuel Allain (Black Bones) et de Nicolas Degrande (Roken Is Dodelijk, Louis Aguilar) de nous raconter leurs souvenirs de concerts. Ensemble, ils ont composé leur premier album “Circuit”, une surprise automnale réjouissante dans laquelle les musiciens s’adonnent à des plages instrumentales vaporeuses et réfléchies, accentuées de parties vocales surnaturelles. Dix morceaux à la lisière des genres nous ramenant aussi bien à nos premières amours belges (Ghinzu, Girls In Hawaii…), qu’à David Bowie (le fameux “Mirrorball” et ses chœurs stupéfiants) qui constituent une œuvre épatante et qui vaut son pesant d’or.

 


 

Nico : Belle and Sebastian, le 31 octobre 2019

Ce concert était magique, un vraie osmose entre le public et le groupe, je suis un grand fan de ce groupe depuis de nombreuses années et je n’avais jamais l’occasion de les voir.
Il y avait une bienveillance, et une joie qui se sentait, de la part du groupe et du public.
Et puis ce sont de très bon musiciens, ce qui ne gâche rien ! Le concert s’est terminé avec le public sur scène, la danse de la joie. C’était à l’Aéronef, une des bonnes salle de la métropole lilloise avec une bonne programmation. Je me dis que c’était bien de les voir à ce moment-là, les planètes étaient bien alignées, en tout cas pour moi.

Olivier : Slayer au festival de Dour, 1998

J’ai eu la chance de voir Slayer au festival de Dour en 1998. À l’époque où le festival était encore assez familial. Avec des amis, nous avions passé quelques jours sur le festival et ils clôturaient le week-end. C’était le même jour que la coupe du monde de foot, qui a été remportée par le France, mais nous n’en avions strictement rien à faire 🙂
Bref, Slayer monte sur scène, un orage éclate et ils commencent à jouer “Raining Blood”, la claque absolue !
Nous avons donc assisté à tout ce concert de dingue sous l’orage, les éclairs et la pluie battante. Une espèce de fin du monde géniale !

Sam : Sufjan Stevens au Grand Rex, en 2015

Déjà, je découvrais le Grand Rex. Aussitôt, je repense aux heures passées à jouer à Prince of Persia. Et là, se déroule le concert parfait, Les morceaux sont réarrangés juste comme il faut, un son de dingue, une scéno au top, des musicien.ne.s parfait.e.s. Le genre de concert long qui paraît trop court. Ah oui, et j’étais super bien placé avec mon amoureuse. Comme quoi, c’est pas si mal les concerts assis ! Il y a même une captation vidéo tip top de cette tournée sur les internets.

 

Leur premier album Circuit est disponible ici via Araki Records, Differ-Ant et Chancy Publishing.