Swan Melani, longues étendues
Actus

Swan Melani, longues étendues

On s’y plonge, langoureusement. Swan Melani, inonde d’une candeur angélique les louanges d’un coeur éperdu, sur cette Long Island. Sous les maux qu’exprime ce premier single, accompagné d’un clip réalisé par Rémy Barreyrat, nous traversons avec l’artiste sa quête vers un souvenir aussi lointain qu’omniprésent. Expression aux reflets sombres, les mots disparaissent le long d’un corps, s’effaçant sereinement dans cette eau trouble. Swan nous conte les lueurs de son île lointaine, irradiante, et si particulière.


 

L’amoureux, aimant de ses extrêmes les plus profonds, déclame d’une voix éprise d’âme, les vertiges d’un désir presque endormi. Avec nostalgie, nous traversons les soupçons d’un passé le bouleversant à présent. Il nous envoûte, tel l’enfant spirituel d’un Antony and the Johnsons et d’une Kate Bush, l’artiste nous donne un avant-goût que nos douces oreilles ne seraient résister. Swan nous parle “d’operacore” pour définir son empreinte musicale, une terminologie inédite où l’opéra et le coeur se mêlent le long de son parcours, il nous en a partagé sa définition :
 

“Le terme “operacore” est finalement très lié à mon parcours, et à la manière dont j’en suis arrivé à vouloir vivre de la musique. D’ailleurs j’en ai toujours plus ou moins vécu, dans le cœur. J’ai commencé très tôt, après avoir vu une symphonie vers mes trois ans, je me souviens de l’écran de télévision, des images et du son. Ça a été révélateur, j’ai demandé de suite à apprendre la musique. En outre, j’ai toujours aimé chanter, danser et écrire. Je suis tombé amoureux de la philosophie puis d’un autre. Après une césure, j’ai lâché les études, j’ai écrit un recueil de poèmes Asphodèles qui n’a jamais vu le jour, et j’ai trouvé dans la chanson le moyen de les rendre accessibles (en tout cas je le crois, je l’espère). Je n’ai jamais cessé de composer depuis. “Operacore” m’est venu de là, pour le lyrisme au cœur de mon écriture, de mon interprétation, ce cœur solennel et romantique (je crois, aussi, le mien), puis le jeu sur la voix, le désir d’en faire un instrument de musique à part, et la douce violence qui émane, selon moi, de l’opéra.”

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Prémices d’un EP du même nom paru aujourd’hui, Long Island nous laisse nous aventurer dans les entrailles d’une oeuvre hybride, à part, comme l’est cette première esquisse. Au travers de laquelle son lyrisme s’étend, sans limites ni à priori. Autour de ce premier single gravitent deux nouveaux titres, “Last Subway” et “Apocalyptic Buddy”, où l’on prolonge notre épopée aérienne. Il nous a d’ailleurs évoqué ce qui est au cœur de ces deux chansons :
 

“Last Subway, c’est un peu comme l’impossibilité de mourir, de ne pouvoir que toujours vivre, l’instinct de survie. Au travers de ce titre, je brûle la chandelle par les deux bouts, je pense à la fin, mais il n’y a que l’infini. Le dernier métro n’existe pas, car il y a toujours un dernier métro…  
 
Pour “Apocalyptic Buddy” c’est la capacité de l’amour à nous métamorphoser, en effet, “cause every inch of my skin is suddenly illuminating, irradiating, oh my love”, de nous donner une vision nouvelle, “agrandie “, magnifiée, un peu magique, des choses. Où mon corps se transforme, ma peau est un ciel étoilé, et c’est « mon pote » qui me l’a donné, mon apocalypse… Et c’est beau aussi l’apocalypse.”

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Avec Swan, nous rêvons pleinement. Alors continuons ainsi, à nous émerveiller avec un premier EP, nous invitant au-delà de nous imaginaires.
 

Son premier EP Long Island est disponible ici via Pop Records.