Interviews

Théo Maxyme : l’interview sur le fil

Photo : Marjorie Fristot

A l’occasion de l’anniversaire du Live à Ferber, véritable pépite enregistrée en studio et ayant donné vie à l’EP du même nom, nous avons eu la chance d’assister à la projection vidéo de cette performance aux côtés de son interprète, Théo Maxyme. Depuis plus d’un mois, Théo défie les charts et se présente comme le renouveau du rock français. Accompagné de ses talentueux musiciens, il redonne vie aux chansons à texte, qui semblaient ces derniers-temps, quelque peu noyées dans la vague de l’électro française. Au détour de cette soirée fort sympathique dans son studio, nous avons eu l’occasion de recueillir ses impressions.
 

Le Bombardier : En ce moment, rock rime plus souvent avec électro/pop, surtout en France. Tu sembles t’attacher à un rock plus traditionnel avec des riffs de guitare techniques.

Théo Maxyme : En réalité, mon but n’est pas de faire du rock pur. Je veux faire de la chanson française teintée de rock, plutôt que l’inverse. Le rock serait, finalement, un prétexte à l’écriture de textes français. En réalité, pour l’album, les titres vont plutôt ressembler à “Sur le fil” et “Un peu de toi”, et n’auront rien à voir avec les autres titres de l’EP.
 

Tu dis vouloir faire de la chanson française. Mais que cela représente-t-il pour toi ?

Je ne veux pas vraiment m’inscrire dans une identité ou une tradition de la chanson française. Tu sais, quand j’étais gamin, j’étais beaucoup plus proche de la culture anglophone. Je n’écoutais pas de “grande” chanson française, ce qu’on appelle le gold aujourd’hui : Aznavour, Brel, Berger, etc… Bien évidemment, je les adore, mais je ne cherche pas à m’inscrire dans cette tradition puriste. Pour moi, il s’agit plutôt d’une expérience qui se passe en français, et par abus de langage, j’appelle cela de la “chanson française”. Je veux que mes chansons racontent une histoire. J’espère ne pas avoir l’air vieillot en disant ça (rires) mais la forme classique des chansons me tient à cœur : des couplets, des refrains, des temps forts, des temps faibles.
 

Quels sont tes artistes de référence ? Pour être honnête, lorsqu’on t’entend chanter on pense beaucoup à Jean-Louis Aubert, surtout dans la chanson “Un peu de toi”.

Ah, je suis flatté qu’on me compare à Aubert ! C’est vrai qu’il est immense. Mais quand j’étais plus jeune, je n’écoutais pas du tout le groupe Téléphone. En ce qui concerne les autres références, parmi les vivants, je citerais Benjamin Biolay, Dominique A, Matthieu Chedid, Paul Personne. Pour les plus classiques, je dirais Bashung, Brel, évidemment. Bon, je peux aussi citer Aznavour, car il est mort il y a très peu de temps ! (rires) Il avait à la fois cette écriture romantique et très rêveuse, je m’en sens très proche.
 


 

C’est vrai qu’on te retrouve aussi dans le style de Bashung.

Bashung, c’est incroyable mais j’ai envie de textes qui soient peut-être plus clairs, moins obscurs. Je ne dirais pas forcément plus positifs, car mes textes ne sont pas vraiment positifs, mais en tout cas plus saisissables. Je voudrais offrir quelque chose de plus punchy, mais qui garde malgré tout une part de mystère.
 

Nous venons d’assister tous ensemble à la projection de Live à Ferber. Une anecdote à nous raconter sur cette journée particulière d’enregistrement ?

C’est simple : on avait le studio pour une seule journée. Et, honnêtement, on a enregistré que de la merde jusqu’à 14 heures (rires). On s’est réécoutés en cabine, c’était littéralement nul à chier. Il n’y avait pas de son, pas d’émotion.

Ce qui nous a sauvés, ça a été une énorme pause pizza-bières-redbull.

Je ne bois jamais de red bull, mais là, il y avait urgence. Il était bientôt 15 heures, et à 20 heures, quoi qu’il arrive, on devait dégager. A ce point-là de la journée, on n’avait pas un seul morceau dans la boîte. Et je me souviendrai toujours qu’après cette pause, la première prise de “Sur le fil” a été la bonne, et tout s’est enchaîné. En fait, quand tu es musicien, c’est comme un sportif : il y a 90% de mental. Il faut motiver les équipes. Pour résumer, la réalisation de cet EP s’est jouée à un sandwich près (rires).
 

Quelques trucs à nous dévoiler sur les chansons de l’album ?

Comme je le disais, elles ressembleront plutôt à “Sur le fil” et “Un peu de toi”. Mais ces deux chansons sont aussi infiniment plus abouties, car elles seront enregistrées en format studio, et pas en live. Elles seront même réarrangées, car “Un peu de toi” a complètement changé depuis, elle a gagné en émotion et profondeur. Toutes les chansons de l’album tourneront autour de deux thèmes : le temps et l’amour. Avec les gars, on a commencé à rassembler toute une imagerie autour de ça. L’album sera un concept qui vibre autour de ces thèmes.
 

Pourquoi le temps et l’amour sont-ils liés pour toi ?

A part l’amour, je ne vois pas ce qu’on attend (rires). Au final, ce que l’on peut saisir du « temps » en tant qu’être humain, ce n’est que l’attente : à la fois dans le sens de l’espoir, et dans un sens très passif, très statique. Disons que le temps est sempiternel, transcendant, insaisissable, et que la seule réaction que l’on peut en avoir, c’est l’attente.

On court après l’amour à longueur de journée : à la fois dans un sens de réussite, de reconnaissance, de recherche amoureuse, mais également l’amour de soi-même.

Il n’y a qu’un seul sentiment foncièrement humain, c’est l’amour. Mon point de vue est peut-être biaisé, mais c’est en tout cas ma proposition artistique, car c’est ce que j’ai à raconter de la vie.
 

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