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David August, la comète

Producteur allemand magnétique avec une soif viscérale d’expérimenter la création musicale, David August a le pouls vissé aux oreilles et le visage transfiguré par le voyage sonore qu’il offre. Les chanceux qui ont assisté à sa Boiler Room en 2014 l’ont bien saisi : même si le début de son set se pare de couleurs abyssales, les nappes synthétiques mêlées aux cordes sont sa marque de fabrique et laissent très vite place au groove. Composite d’électro et de classique, sa musique évolue sans jamais être cheap ni intello. Les claviers se marient aux boucles hypnotiques et en performeur aguerri, David August sait comment sculpter le son, mettre les battements et fréquences en valeur pour qu’ils tapent au cœur. On rentre en transe, emporté par des mélodies parfois arabisantes, des basses funk et des voix soul retravaillées.

Multi-instrumentiste et pianiste surdoué depuis ses cinq ans, le producteur hambourgeois bouscule les codes et croise les genres avec une audace déconcertante. Times, son premier album paru en 2013, donne la part belle aux instruments organiques avec des morceaux comme “Watch Your Step”, melting-pot de guitare et de synthé ou encore “Blossom” dont les parties sophistiquées de piano se placent en plein milieu avec une fluidité surprenante. Son deuxième opus Epikur venu un an après prend naturellement une tendance electronica tout en gardant ces rythmes si reconnaissables. Mais c’est en 2016 que David August assoit son statut de compositeur érudit en présentant X Poème Symphonique, accompagné de l’orchestre philharmonique de Berlin et de Frieder Nagel. Une épopée difficile à mettre en mots tant la collaboration des sons synthétiques et des cordes fait toucher l’impalpable : une œuvre référence pour les amateurs de sensations fortes.

Comme cette comète se propulse toujours là où l’on ne l’attend pas, il produit en mars 2018 DCXXXIX A.C., un conte planant et déroutant avant de sortir l’album D’Angelo. Si ses compositions ont mûri, il flirte de nouveau avec les instruments organiques de ses débuts en y ajoutant une indéniable influence jazz et des voix pop, offrant un projet aux textures actuelles.

Pour ceux qui ont raté son passage à la Villette Sonique en juin dernier, il est toujours temps de réserver ses places pour le festival ADE en octobre à Amsterdam avec à l’affiche Âme, Charlotte de Witte et Amélie Lens.