Dans ton label #14 : Le Cèpe Records
Dans ton label

Dans ton label #14 : Le Cèpe Records

À côté de majors qui occupent une large partie du terrain, les labels indépendants se démènent pour faire vivre des projets à taille humaine, bien souvent à contre-sens de tout objectif commercial et lucratif. À la tête de ces projets, on retrouve des guerriers multi-fonctions aux méthodes et profils divers et variés. Aujourd’hui, on part à la découverte du label parisien Le Cèpe Records. Derrière cette forte odeur de champignon hallucinogène, se cache un duo audacieux au service de groupes comme Dead Myth, Spa Massage, We Hate You Please Die ou encore Cloud Factory. Du rock mélangeant au gré des envies sonorités agitées, garage et psychédéliques. Avis à nos amis cueilleurs.
 

Pouvez-vous vous présenter ?

Personne ne se souviendra de la poussée majestueuse de ce champignon sous les émanations néfastes d’une pleine lune rouge sang, mais ce dont on est sûr, Le Cèpe intrigue autant qu’il fascine depuis 2017.

Oscilloscope énervé de garage rock à tendance psychédélique, le contrat est simple, découvrir et produire certaines pépites issues des bas-fonds de la scène musicale européenne à travers l’édition de vinyles ou de cassettes et l’organisation de concerts et soirées dans toute la capitale. Une contamination radicale du paysage parisien par les spores du talent.

Ici les deux membres fondateurs du label, Anthon et Bart pour vous répondre.
 

Pourquoi et comment avoir choisi ce nom de label ?

Après plusieurs mois de réflexion, on s’est orienté vers un nom simple et français qui nous rappelle nos racines du Sud et ses soirées bien arrosées. A la base, c’était une expression entre amis qu’on a voulu faire perdurer et qui peut faire sourire certains connaisseurs.

On a demandé à un pote graphiste de nous dessiner un logo, et voilà comment ce champignon est né. Ce qu’on aime bien aussi, c’est travailler avec nos potes afin d’avoir plusieurs designs de notre logo.
 

Que défendez-vous sur votre label ?

Nous défendons principalement des nouveaux groupes avec des projets originaux et audacieux correspondant à l’identité du label avec lesquels nous mettons tout en œuvre pour en sortir la meilleure récolte possible. Une découverte pour vous mais surtout une possibilité aux artistes de s’exprimer pleinement.
 

Quels morceaux résument au mieux la politique de votre label ? (trois au choix)

Anthon : Thee Oh Sees – “The Dream”

Le rêve devient réalité et ne se termine jamais vraiment tout comme ce morceau entraînant.
 

Bart : Count Five – “Psychotic Reaction”

Que dire de ce morceau des sixties, le nom en dit beaucoup !
 

Et comment ne pas mettre ce morceau des Spa Massage, “San Francisco”, notre première sortie en octobre 2018 qui fut un de nos premiers tubes et qui nous a permis d’avancer là où nous sommes.


 

Votre plus gros succès jusqu’ici ?

Notre plus gros succès, ça serait les Spa Massage (Garage/Pop) une vraie machine à tubes et à groupies de la scène parisienne. On les remerciera jamais assez de nous avoir fait confiance et nous avoir intégré dans la capitale.

Plus récemment, les Rouennais des We Hate You Please Die avec leur garage/punk direct qui ravage tout sur leur passage.
 

Quelle est votre journée type ?

Forcément avec la crise sanitaire, on était un peu au point mort. Mais sinon habituellement, beaucoup de mails dans la journée, avec des rendez-vous l’après midi, et des concerts le soir quand l’occasion s’y prêtent. Nous essayons de nous partager les tâches entre les événements à organiser, l’administratif et les futures sorties.
 

Indépendant, underground, même bateau ou pas ? Ça veut encore dire quelque chose pour vous ?

A vrai dire, on ne s’est pas vraiment penchés sur le sujet, ça n’influence en rien nos choix et nos façons de faire même si ces termes sont notre quotidien. Souvent quand on parle de labels indés, ces trois mots sont inclus dans le fonctionnement.

En ce qui concerne Le Cèpe, on est indépendant dans nos choix et nos décisions sans rendre de compte à personne, le côté underground est marqué par notre recherche de groupe « garage » même si ce style ne veut plus vraiment rien dire de nos jours, ainsi que le côté DIY qui fait partie de notre ADN dans notre façon de travailler.

Cependant, selon nous, ces termes sont relativement réducteurs et nous placent malheureusement dans des cases qui ne nous tirent pas forcément vers le haut.
 

Comment signer sur votre label ? Vous acceptez les pots-de-vin ?

Pour une bonne poêlée forestière, il n’y a pas de recettes miracles comme on vous l’a dit précédemment, on fonctionne beaucoup au feeling et au coup de cœur donc cela peut aussi bien être après l’écoute d’un live, d’une démo ou bien la rencontre d’un groupe. La plupart du temps, c’est nous qui contactons les groupes. Pas besoin de pots de vin, juste un apéro suffit !
 

Le futur de la musique, c’est quoi, quand et où ?

Pour être honnête, nous n’avons pas la prétention de savoir ce que va devenir le futur de la musique toutefois la créativité n’a pas de limite car de nouvelles choses pourront toujours être créées. Par ailleurs, la musique reste un domaine très subjectif où la sensibilité de chacun joue un rôle prépondérant dans son évolution.
 

Un artiste (vivant ou non) ou un album que vous auriez aime sortir ?

S’il y en avait qu’un à choisir pour son côté garage moderne et qui reflète bien l’esprit du label, ça serait l’album Manipulator de Ty Segall. Nous préférons cependant n’en choisir aucun et continuer notre promenade champêtre car nous sommes très fiers de nos spores de talent.
 

Votre dernière/prochaine sortie ?

Alors notre dernière sortie, c’est le groupe havrais Dead Myth datant du 22 mai. Un EP très prometteur aux influences garage/psyché qui a été très bien reçu par la critique, on vous le conseille vivement.

Notre prochaine sortie, c’est un tout nouveau groupe de Toulouse : Cloud Factory. Après quelques répétitions seulement, le quintet entre en studio aux côtés de Lo Spider, véritable institution locale, qui leur façonne une production lofi impeccable. Cinq titres, cinq tubes aux mélodies obsédantes, qui laissent entrevoir l’incroyable potentiel du quintet, et imposeront à coup sûr la formation sur les radars des amateurs de rock indé “à la française”, en attendant l’arrivée des premiers concerts.


 

Cloud Factory #1 paraîtra en format cassette et digital chez Howlin’ Banana et Le Cèpe Records le 3 juillet. Ces deux labels participeront à l’Independent Label Market le même jour.
 

Retrouvez tout le catalogue de Le Cèpe Records ici.