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Il fait beau, allons au MOFO : interview d’Anaïs Garcia, programmatrice du festival

Noyades - édition 2018

Pour sa quinzième édition, le festival MOFO nous donne rendez-vous du 24 au 26 janvier prochain à Mains d’Oeuvres pour une plongée en eaux troubles à la découverte des nouveaux fleurons de la scène indépendante internationale et de Navarre. Comme à son habitude, la programmation s’adresse aux curieux de tous horizons à la recherche de sensations fortes : de Dopplereffekt à Louder Than Death le nouveau projet de Magnetix et King Khan, en passant par Lysistrata, Domenique Dumont ou encore Société Étrange, Maria Violenza, Strasbourg et la création originale de Laurence Wasser, l’eau pourrait bien se changer en bière cette année.

On a interviewé Anaïs Garcia, la programmatrice du festival, pour lui poser quelques questions.
 

Le Bombardier : Cette quinzième édition, c’est un anniversaire particulier?

Anaïs Garcia : On le met en avant parce qu’on en est fiers mais on n’a pas prévu d’happening spécial pour marquer le coup. On veut juste que tout se passe bien comme d’habitude dans la continuité de ce qui s’est fait.
 

Le Bombardier : T’étais-tu fixée un mot d’ordre pour la programmation de cette quinzième édition ?

Je ne me suis mis la pression ni sur les actualités ni sur les sorties d’albums. Comme l’année dernière, il s’agit de mélanger plein de choses et de mettre en avant notre liberté. Il y a pas mal de groupes étrangers qui n’ont jamais joué en France auparavant.

C’est le mot d’ordre que je me suis fixée, la rareté.

Il y a des groupes en provenance du Canada, de la Belgique… Domenique Dumont vient de Lettonie, Dopplereffekt des États-Unis, Maria Violenza d’Italie, Khana Bierbood de Thaïlande. Le côté international me séduit pas mal. Yossarians n’a jamais joué en France également.
 


 

Ta plus grande fierté ?

Je suis très contente d’accueillir le nouveau groupe de King Khan et Magnetix, Louder Than Death. Magnetix me fait toujours penser à Mains d’Oeuvres. Mais la plus grande fierté c’est la programmation dans son ensemble.
 

Le MOFO est probablement l’un des seul festival où l’on connaît très peu de noms quand on regarde la programmation.

Est-ce synonyme de qualité, je l’espère. C’est facile de faire un festival avec des groupes que tout le monde connaît. Ce qui me plaît, c’est la découverte. Ce n’est pas de faire un festival où tu sais que les cinq autres festivals de l’été vont avoir la même programmation mais dans un autre territoire. Tu es obligé de proposer quelque chose de différent quand tu es à Paris.
 

Vois-tu tous les groupes en live avant de les programmer ?

Non, je vois quelques vidéos, je demande à des gens qui les ont vus. Parfois je veux me laisser la surprise. Par exemple, pour Mottomoda il n’y a qu’un titre qui est sorti mais je fais confiance aux musiciens. Il y a un mec de Biche et une ancienne musicienne de Moodoïd.
 

As-tu des informations sur la création originale que va faire Laurence Wasser?

Je l’ai régulièrement au téléphone mais je le laisse faire. C’est un musicien dont j’entends parler depuis un bon nombre d’années et j’aime beaucoup sa créativité. S’il y a bien quelqu’un a qui je voulais demander une création c’était bien lui. Ça va s’appeler Flowers.
 

Un groupe à ne pas manquer pour les amateurs de rock?

Yossarians, Louder Than Death et Lysistrata. Le jeudi.
 


 

Pour les amateurs d’électronique?

Dopplereffekt. Méconnu et mythique en même temps. Assez parfait, j’ai hâte de les voir.
 

Et de pop?

Pop mais pop mélancolique et second degré : Arne Vinzon. Ou World Brain. Il est trop fort. Le vendredi.
 

En DJ set, on a Tropical Horses qui est un abonné du coin.

Max-Antoine m’a beaucoup aidé et conseillé pour la programmation. Il a un peu co-programmé le festival. Il a son émission sur StationStation. Il est très impliqué et il sera là pendant les trois jours avec la radio pour parler du festival.
 

Une grosse galère de programmation, un groupe que tu n’as pas pu programmé?

J’ai dû envoyer 200 propositions et recevoir 200 refus. J’ai pas mal contacté de femmes parce que c’était un point qui me tenait à coeur mais les agendas ont fait que ce n’était pas possible pour certaines d’entre elles. Il y a Chevalier Avant Garde que j’aurais vraiment voulu faire venir mais il va jouer bientôt à la Station. J’ai autant contacté de têtes d’affiches à la Mount Kimbie que des trucs un peu moins connus comme Chevalier Avant Garde. J’aurai voulu peut être mettre plus en avant cette scène montréalaise que j’apprécie. Mais ce n’est pas le propos du MOFO.
 

C’est plus compliqué de faire venir le public et les groupes à Saint-Ouen?

Je pense que c’est plus compliqué lorsqu’il s’agit par exemple de concerts pendant la semaine. Pour l’avoir fait, c’est galère de faire venir quelqu’un un samedi soir à Mains d’Oeuvres du fait que les lieux ferment à minuit. Après, il suffit juste d’avoir un peu de communication. Ça demande probablement de s’y prendre un peu plus à l’avance, tout dépend du budget. On ne va pas se cacher que traverser le périph ça peut refroidir plus d’une personne, ça serait mentir de dire que ce n’est pas le cas.
 

Quelle est la situation de Mains d’Oeuvres aujourd’hui?

Elle est toujours fragile, comme elle l’était déjà l’année dernière. Elle est due à cette épée de Damoclès qui est d’attendre la médiation avec le maire, de ne pas savoir de quel bord sera la municipalité aux prochaines élections.

Il y a une énorme énergie à Mains d’Oeuvres, que ce soit dans les différents pôles, dans les services civiques, dans les bureaux. C’est vrai qu’on marche toujours sur des œufs. Ça fait de la peine mais on est toujours là. Le MOFO traduit bien cette énergie et cette envie d’aller de l’avant.

L’édition 2018 du MOFO s’est très bien passée et ça nous a permis de rebooster cet événement. C’était complet le vendredi et samedi, l’after aussi.
 

Pourquoi “les eaux troubles”?

Parce que la situation de Mains d’Oeuvres est toujours trouble, que la situation des lieux d’arts, de concerts, de la musique en France et plus particulièrement à Paris est trouble. Parce que faire cette programmation, c’est aller chercher des trésors au fond de l’océan. Je trouve cette image assez jolie, j’aimerais qu’on arrive à la retranscrire dans la scénographie en ayant un côté intimiste et désinhibant autour des fonds marins.
 

Le Bombardier t’offre des places pour les soirées du vendredi et du samedi ! Pour participer, rien de plus simple, il suffit de remplir les formulaires ci-dessous :

Vendredi :

Samedi :

Bonne chance! Fin du concours le jeudi 24 janvier à minuit et annonce des gagnants par mail dans la journée.

Toutes les infos et la billetterie du festival ici

After le samedi 26 janvier à La Station avec Deux Boules Vanille, Craow et H-Ur. (event).

La playlist du festival :